Addis Abeba, 8 décembre 2011-Alors que la Directrice adjointe du Fonds Mondial, Debrework Zewdie, était en train d'expliquer au public que le Fonds Mondial n'avait pas abandonné la population africaine et ne se désintéressait pas du SIDA, près d'une centaine de militants arborant des affiches pour mettre la pression sur les gouvernements africains et les donateurs ) s'approprier l'épidémie du SIDA.
La dernière plénière de l'ICASA 2011 a tout de même réussi à laisser de l'espoir en dépit de l'annulation du 11ème round du Fonds Mondial. L'organisation continuera à faire campagne, lever des fonds et faire pression sur les gouvernements donateurs et bénéficiaires.
"Le Fonds Mondial ne va nul part," a dit le Dr. Zewdie en recevant les applaudissements de la foule.
"Nous souhaitons rappeler aux pays donateurs que ce n'est pas le moment de reléguer à un rang inférieur la lutte contre le Sida, surtout après y avoir investi des milliards de dollars," a-t-elle expliqué. "Nous voulons que les pays africains se souviennent qu'ils doivent respecter les engagements d'Abuja et qu'ils jouent leur rôle dans la lutte."
Le Dr Zewdie a, par ailleurs, annoncé la dernière stratégie du Fonds Mondial qui met en place des critères pour les pays ayant le plus de besoins. "Notre stratégie est, encore et toujours, de sauver plus de 10 millions de vies d'ici 2016. [...] En 2000, le monde s'est uni et les gens ont montré leur leadership, la communauté internationale a alors trouvé les ressources nécessaires, il n'y a pas de raison qu'elle ne les trouve pas maintenant".
Des représentants des militants contre le SIDA se sont adressés à la foule durant la plénière. Une des militantes a lancé un défi aux gouvernements pour qu'ils allouent plus de ressources locales à leurs populations mourantes. "Il est temps pour l'Afrique de jouer son rôle. Il est temps qu'un souffle nouveau arrive et qu'on aie une réponse," a-t-elle criée sous les hourras du public.
La militante en justice sociale sud-africaine, Marlise Richter, a rappelé aux délégués présents en plénière qu'il fallait lever les barrières sociales empêchant les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, utilisateurs de drogues injectables et travailleurs sexuels de recevoir un traitement approprié en Afrique. En plus de lever ses barrières, elle a appelé les leaders du PEPFAR à revenir sur leur engagement anti-prostitution. Cet alinéa spécifie que le PEPFAR ne peut en aucun cas allouer des fonds à un programme s'engageant dans des activités de décriminalisation de
la prostitution.
"Il faut que l'on aille au-delà de la théorie et que l'on donne une voix aux populations qui ne peuvent s'exprimer par peur de sanctions," a dit Mme Richter.
Ces trente dernières années, l'épidémie de SIDA a tué plus de 15 millions d'africains, ce nombre a diminué grâce aux antirétroviraux et aux programmes de prévention à l'échelle du continent.
"Nous sommes à un moment critique, devons trouver de nouvelles ressources et devons nous battre pour protéger nos acquis" a dit Dr Zewdie.

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