Addis Abeba, 7 décembre 2011-Le respect et la reconnaissance des droits de santé sexuelle et reproductive des femmes et adolescents étaient les principaux sujets de la plénière de ce matin.
M. Tewodros Melesse, a rappelé les participants que la sexualité n'était pas un concept de l'Occident et que profiter de ses droits signifiait être capable de tolérer les différences d'opinion. La reconnaissance des droits de santé sexuelle et reproductive en Afrique continue à être ralentie par la stigmatisation et la discrimination.
M.Melesse, directeur général de la Fédération Internationale de Planning Familial (IPPF) a raconté à l'audience l'histoire d'un adolescent homosexuel camerounais dont la vie a été brisée à cause de la discrimination qu'il a enduré de sa famille et de sa communauté. Il a trouvé refuge auprès d'une association locale de lutte contre le VIH/SIDA. M.Melesse a cependant reconnu qu'avoir des droits ne signifie pas que notre vie n'est plus en danger, mais que l'on a une protection.
La zimbabwéenne Annah Sango a, quant à elle, fait un discours sur la perspective de genre face au VIH. Les femmes représentent 70% des individus ayant le VIH à travers le monde. L'Afrique à cette date, reste le seul continent où la prévalence est plus forte est plus forte pour les femmes que pour les hommes. Dans de nombreuses situations, elles sont confinées dans des rôles prédéfinis et n'ont pas de poids dans les décisions qui s'effectuent au sein de leur propre foyer.
Elle a aussi constaté que les relations sexuelles durant l'adolescence souvent n'étaient pas consensuelles, à cela viennent s'ajouter d'autres facteurs tels que la consommation d'alcool, la crainte d'être marginalisées ou encore la violence de leurs partenaires. Elle a conclu en disant que la protection et le traitement pour les adolescents et les jeunes femmes seront inexistants tant que les femmes ne seront pas au centre de la réponse.
Les professeurs David Serwadda de l'Université de Makerere et Phyllis Kanki de Harvard ont donné des présentations sur le traitement comme moyen de prévention ainsi que sur la situation des traitements antirétroviraux (ARV) en Afrique.
Depuis la fin des années 1990, les chercheurs savent que lorsque le traitement aux ARV intervient suffisamment tôt, les taux de transmission peuvent passer de 30% à 90%. Alors qu'il était impossible d'avoir accès aux ARV il y a 10 ans, les prix ont diminué rendant le traitement disponible à un plus grand nombre d'individus. Il y a aujourd'hui cinq millions de personnes en Afrique sous ARV, ce qui a fait chuter les décès de manière drastique.
Les médicaments les plus récents sont encore trop coûteux pour les pays à revenu moyen ou faible. "En Afrique, les pharmacies sont précaires et c'est pourquoi il est primordial que nous puissions offrir le meilleur traitement avec des choix limités," a déclaré le professeur Kanki. La couverture en ARV est encore trop faible pour les enfants – seul le Botswana réussi à fournir des ARV à 90% des adultes et enfants malades. Le meilleur moyen d'assurer la rétention est à travers la prise en charge, l'éducation, l'implication des familles et le soutien de la communauté, a-t-elle ajouté.

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